Pourquoi je n’arrive pas à lâcher prise ? Comprendre le besoin de tout contrôler
Vous aimeriez arrêter de tout anticiper, de réfléchir à toutes les possibilités ou de vérifier que tout est parfaitement sous contrôle.
Vous aimeriez pouvoir vous dire : « On verra bien. »
Mais votre cerveau, lui, semble avoir un autre programme.
Il analyse. Il prévoit. Il organise. Il recommence mentalement certaines conversations. Il imagine ce qui pourrait arriver demain, la semaine prochaine ou dans six mois.
Et lorsque quelque chose ne se déroule pas comme prévu, une tension apparaît.
On vous a peut-être déjà conseillé de « lâcher prise ».
Mais comment lâcher prise lorsque contrôler vous rassure ?
Car derrière le besoin de tout contrôler se cache parfois quelque chose de beaucoup plus intéressant à comprendre : une recherche de sécurité face à l’incertitude.
Voyons concrètement ce qui peut se passer.
Pourquoi ai-je besoin de tout contrôler ?
Le besoin de contrôle peut être une manière de réduire l’incertitude.
Lorsque nous préparons, vérifions ou anticipons une situation, nous avons davantage l’impression de savoir ce qui va arriver.
Et cette sensation peut être rassurante.
Le contrôle n’est donc pas nécessairement un problème.
Préparer un voyage, organiser sa semaine, vérifier un rendez-vous ou anticiper certaines difficultés peut être parfaitement utile.
La question devient différente lorsque ne pas pouvoir contrôler provoque davantage de stress que la situation elle-même.
Vous pouvez alors ressentir le besoin :
d’anticiper plusieurs scénarios ;
de tout organiser à l’avance ;
de vérifier plusieurs fois ;
de connaître les moindres détails ;
de prévoir une solution de secours ;
de faire les choses vous-même ;
d’avoir du mal à déléguer ;
de revenir mentalement sur ce qui s’est passé.
Le contrôle devient alors moins une question d’organisation qu’une manière de chercher à se rassurer.
Quels sont les signes d’un besoin de contrôle important ?
Avoir besoin de contrôler ne signifie pas forcément vouloir diriger les autres.
Cela peut être beaucoup plus subtil.
Peut-être vous reconnaissez-vous dans certaines situations:
-Vous préparez mentalement une conversation avant qu’elle ait lieu.
-Vous imaginez différentes réponses possibles.
-Lorsque vous déléguez quelque chose, vous avez envie de vérifier ensuite.
-Un changement de programme de dernière minute vous agace davantage qu’il ne le devrait.
-Vous réfléchissez longtemps avant certaines décisions parce que vous voulez être certain(e) de faire le « bon » choix.
-Vous terminez quelque chose… puis vous revenez dessus.
-Vous êtes enfin au repos… mais vous pensez déjà à ce que vous pourriez faire.
Ou vous vous dites régulièrement :
« Je préfère m’en occuper moi-même. Au moins, je sais que ce sera fait. »
Aucun de ces comportements ne permet, à lui seul, de conclure à un problème.
Mais leur fréquence et surtout l’énergie qu’ils mobilisent peuvent être intéressantes à observer.
Pourquoi mon cerveau pense-t-il tout le temps ?
Notre cerveau possède notamment une formidable capacité : anticiper.
Cette capacité nous permet de prévoir, d’organiser et d’apprendre de nos expériences.
Mais l’anticipation peut parfois devenir envahissante.
Imaginez un assistant intérieur dont la mission serait :
« Évite-moi les problèmes. »
Il pourrait alors passer ses journées à analyser.
« Et si ça se passe mal ? »
« Est-ce que j’ai oublié quelque chose ? »
« Est-ce que j’ai pris la bonne décision ? »
« Pourquoi cette personne m’a répondu comme ça ? »
« Qu’est-ce que je dois faire demain ? »
« Et si finalement… ? »
Le cerveau essaie alors parfois de résoudre un problème qui n’existe pas encore.
C’est là que l’anticipation peut progressivement laisser place aux ruminations.
Penser n’est évidemment pas mauvais.
La difficulté apparaît plutôt lorsque nous n’arrivons plus à arrêter de penser à une situation alors qu’aucune action supplémentaire n’est possible ou nécessaire.
Besoin de contrôle et peur de l’incertitude : quel lien ?
Prenons un exemple très simple.
Vous devez prendre un train demain matin. Vous consultez l’horaire une première fois.
C’est utile. Vous vérifiez ensuite votre billet.Toujours utile.
Puis vous regardez encore l’horaire avant de dormir.
Et une nouvelle fois quelques minutes plus tard alors que rien n’a changé.
À ce moment-là, recherchez-vous réellement une information ?
Ou recherchez-vous la sensation de sécurité provoquée par la vérification ?
Cette distinction est importante.
Car certains comportements peuvent momentanément diminuer notre inconfort.
Nous vérifions. Nous sommes rassurés. Puis le doute revient. Alors nous vérifions de nouveau.
Observer ce mécanisme permet déjà de commencer à le comprendre.
Pourquoi est-ce si difficile de ne rien faire ?
Il existe une autre forme de contrôle beaucoup moins visible : le besoin d’être constamment dans l’action.
Imaginez.
Vous avez enfin une heure devant vous.
Aucun rendez-vous.
Aucune urgence.
Personne n’attend quelque chose de vous.
Vous pourriez vous asseoir et profiter de ce moment.
Mais rapidement apparaît :
« Tant que j’ai le temps, je pourrais… »
Faire une machine.
Répondre à ce message.
Ranger quelque chose.
Préparer demain.
Avancer sur un dossier.
Certaines personnes finissent même par ressentir de la culpabilité lorsqu’elles ne font rien.
Pourtant, récupérer n’est pas perdre son temps.
Le repos fait partie du fonctionnement normal de l’organisme.
La vraie question pourrait alors devenir :
« Pourquoi ai-je besoin d’avoir fait quelque chose pour considérer que ma journée a été utile ? »
Perfectionnisme et contrôle : pourquoi vont-ils souvent ensemble ?
Le perfectionnisme ne signifie pas uniquement vouloir obtenir un résultat parfait.
Il peut se cacher derrière des phrases très ordinaires :
« Je vais le faire moi-même, ça ira plus vite. »
« Ce n’est pas encore suffisamment bien. »
« Je vais juste vérifier une dernière fois. »
« Je pourrais encore améliorer ça. »
« Je ne veux pas me tromper. »
Lorsque notre niveau d’exigence devient très élevé, déléguer, terminer une tâche ou accepter une erreur peut devenir difficile.
Nous cherchons alors à réduire au maximum le risque.
Mais vouloir supprimer toute possibilité d’erreur peut demander énormément d’énergie.
Car certaines choses resteront toujours imprévisibles.
Le corps peut-il réagir lorsque l’on est constamment dans le contrôle ?
Notre état émotionnel, nos pensées et nos sensations corporelles interagissent.
Lors des périodes de tension ou de stress, certaines personnes peuvent notamment remarquer :
les épaules contractées ;
la mâchoire serrée ;
une respiration différente ;
des tensions musculaires ;
des difficultés à réellement décrocher ;
un sommeil perturbé ;
une sensation d’agitation intérieure.
Cela ne signifie évidemment pas que tous ces symptômes sont provoqués par un besoin de contrôle.
Un symptôme persistant, inhabituel ou inquiétant nécessite un avis auprès d’un professionnel de santé.
Mais apprendre à observer son corps peut permettre de remarquer plus tôt certains moments de tension.
Comment apprendre à lâcher prise concrètement ?
Lâcher prise ne consiste pas à décider :
« À partir d’aujourd’hui, je ne contrôle plus rien. »
Ce serait probablement… une nouvelle tentative de contrôle.
L’idée est plutôt de commencer par identifier ce qui dépend réellement de nous.
Exercice 1 : le cercle de contrôle
Prenez une feuille. Tracez deux colonnes.
Dans la première, écrivez : CE QUI DÉPEND DE MOI
Par exemple :
mes décisions ;
mes actions ;
ma manière de communiquer ;
demander de l’aide ;
poser une limite ;
préparer raisonnablement une situation ;
décider de m’arrêter.
Dans la seconde : CE QUI NE DÉPEND PAS DE MOI
Par exemple :
ce que les autres pensent ;
leurs réactions ;
les imprévus ;
certaines décisions extérieures ;
ce qui s’est déjà passé ;
la météo ;
le comportement d’une autre personne.
Choisissez maintenant une situation qui occupe actuellement beaucoup votre esprit.
Répartissez les différents éléments dans les deux catégories.
Puis posez-vous cette question :
« Est-ce que je dépense actuellement de l’énergie à essayer de contrôler quelque chose qui ne dépend pas réellement de moi ? »
Si la réponse est oui, demandez-vous ensuite :
« Quelle est la seule chose sur laquelle je peux réellement agir aujourd’hui ? »
Revenez à celle-ci.
Exercice 2 : la règle du « suffisamment bien »
Choisissez une tâche sans enjeu important cette semaine.
Un message. Un rangement.Une petite tâche professionnelle.
Faites-la suffisamment bien. Pas parfaitement. Suffisamment.
Puis considérez qu’elle est terminée. Ne revenez pas dessus.
Observez simplement ce qui apparaît.
Une envie de vérifier ?
Une pensée du type « j’aurais pu faire mieux » ?
Une légère tension ?
Ne cherchez pas immédiatement à la supprimer.
Observez-la.
Vous commencez ainsi à identifier ce qui se passe lorsque vous ne répondez pas automatiquement au besoin de contrôle.
Exercice 3 : la question des 24 heures
Lorsque quelque chose tourne en boucle dans votre tête, demandez-vous :
« Existe-t-il une action concrète que je peux réaliser dans les prochaines 24 heures ? »
Si oui : notez cette action et choisissez quand la réaliser.
Si non : continuer à y penser ne vous donne probablement pas davantage de contrôle sur la situation.
Cette question permet de différencier réfléchir pour agir de réfléchir pour essayer de se rassurer.
Lâcher prise veut-il dire renoncer ?
Non.
Lâcher prise ne signifie pas devenir passif, arrêter de prévoir ou accepter toutes les situations.
C’est plutôt apprendre à distinguer :
ce sur quoi je peux agir et ce que je ne peux pas maîtriser.
Vous pouvez préparer un entretien.
Vous ne pouvez pas contrôler exactement ce que pensera la personne en face.
Vous pouvez expliquer ce que vous ressentez.
Vous ne pouvez pas choisir la réaction de l’autre.
Vous pouvez préparer un projet sérieusement.
Vous ne pouvez pas empêcher tous les imprévus.
Vous pouvez faire de votre mieux.
Vous ne pouvez pas garantir le résultat.
Le lâcher-prise ne consiste donc pas forcément à faire moins.
Il peut consister à arrêter de dépenser de l’énergie là où notre contrôle s’arrête.
Pourquoi est-ce parfois si difficile de changer seul ?
Parce qu’un comportement que nous répétons n’existe pas nécessairement sans raison.
Contrôler, anticiper ou vérifier peut avoir été utile à certains moments.
Ces mécanismes peuvent aussi être associés à notre histoire, à nos expériences, à nos apprentissages ou simplement à notre manière de réagir face au stress.
C'est pourquoi comprendre intellectuellement :
« Je dois lâcher prise » ne suffit pas toujours à modifier notre réaction.
Vous pouvez parfaitement savoir qu’une situation n’est pas grave et malgré tout ressentir une tension.
C’est notamment cette différence entre ce que je sais et ce que je ressens qui peut être intéressante à explorer.
Comment la kinésiologie peut-elle accompagner les difficultés à lâcher prise ?
La kinésiologie est une pratique d’accompagnement complémentaire qui s’intéresse notamment aux réactions de stress et aux différents éléments associés à l’objectif choisi par la personne.
Lors d’une séance de kinésiologie, le test musculaire est utilisé comme outil propre à la pratique afin d’orienter l’accompagnement.
Dans le cadre d’une difficulté à lâcher prise ou d’un besoin important de contrôle, le travail peut notamment amener à explorer ce que certaines situations déclenchent chez la personne, les émotions qui y sont associées et les ressources qu’elle peut mobiliser.
L’objectif n’est pas de supprimer votre capacité à anticiper ou à organiser.
Ces qualités peuvent être précieuses.
Il s’agit davantage de rechercher un fonctionnement dans lequel vous utilisez le contrôle lorsqu’il vous est utile, sans qu’il prenne toute la place lorsqu’il ne l’est plus.
Chaque accompagnement reste individuel : deux personnes qui disent « je n’arrive pas à lâcher prise » ne vivent pas nécessairement la même chose et n’ont pas la même histoire.
La kinésiologie est une pratique de bien-être et d’accompagnement. Elle ne remplace pas un diagnostic, un traitement ou le suivi d’un professionnel de santé.
Les questions fréquentes sur le lâcher-prise
Pourquoi est-ce que je veux toujours tout contrôler ?
Le besoin de contrôle peut notamment permettre de diminuer temporairement l’inconfort lié à l’incertitude. Anticiper, organiser ou vérifier donne alors davantage l’impression de maîtriser ce qui pourrait arriver. La cause et l’intensité de ce comportement restent cependant propres à chaque personne.
Comment arrêter de vouloir tout contrôler ?
Il n’est pas nécessaire de chercher à supprimer tout contrôle. Commencez plutôt par distinguer ce qui dépend réellement de vous de ce qui ne dépend pas de vous, puis concentrez vos actions sur la première catégorie.
Pourquoi je pense toujours à tout ?
Notre cerveau est capable d’anticiper et de rechercher des solutions. Cette capacité devient inconfortable lorsque les pensées continuent à tourner alors qu’aucune action supplémentaire n’est possible. Identifier ces moments peut permettre de distinguer une réflexion utile d’une rumination.
Comment lâcher prise quand on pense trop ?
Revenir à une action concrète peut aider. Demandez-vous : « Puis-je faire quelque chose concernant cette situation aujourd’hui ? » Si oui, identifiez cette action. Si non, observez que continuer à analyser la situation ne permet pas nécessairement de davantage la maîtriser.
La kinésiologie peut-elle aider à lâcher prise ?
La kinésiologie peut être utilisée comme pratique complémentaire de bien-être pour accompagner une personne autour du stress, des émotions ou de certains schémas qu’elle souhaite explorer. Elle ne constitue pas un traitement médical ou psychologique et ne remplace pas l’accompagnement d’un professionnel de santé lorsque celui-ci est nécessaire.
Et si le problème n’était finalement pas le contrôle ?
Vous n’avez peut-être pas besoin de devenir quelqu’un qui « lâche complètement prise ».
Votre capacité à anticiper, organiser et prévoir fait peut-être aussi partie de vos forces.
La question est plutôt de savoir qui décide.
Est-ce vous qui choisissez d’anticiper parce que cela vous est utile ?
Ou avez-vous parfois l’impression que votre cerveau ne vous laisse plus d’autre possibilité ?
La prochaine fois que vous ressentirez le besoin de vérifier, anticiper ou maîtriser une situation, essayez simplement de vous demander :
« Qu’est-ce que j’essaie de sécuriser en faisant cela ? »
Ne cherchez pas immédiatement à changer la réponse. Commencez par l’écouter.
Parce qu’apprendre à lâcher prise ne signifie peut-être pas devenir quelqu’un d’autre.
Cela peut commencer par mieux comprendre la manière dont vous fonctionnez.
Kinésiologue aux Sables-d’Olonne : être accompagné pour mieux comprendre ce qui se joue
Je vous accompagne en kinésiologie aux Sables-d’Olonne, en Vendée, autour du stress, des émotions, des difficultés à lâcher prise et des schémas que vous souhaitez mieux comprendre.
Mon approche s’intéresse à ce que vous vivez mais également à la manière dont votre corps réagit, afin de vous accompagner de façon individualisée autour de votre objectif.
Vous souhaitez découvrir la kinésiologie, mon approche ou prendre rendez-vous ?
Retrouvez l’ensemble de mes accompagnements sur delangeameline.com.

Commentaires